Tanné de ta routine? Un peu de changement te ferait du bien?

Sache qu’aujourd’hui, c’est possible de transformer ta vie en voyageant à peu de frais, en s’immergeant dans une culture inconnue et en expérimentant une manière différente de vivre. Envie d’apprendre une nouvelle langue? Pas de trouble! Envie de te faire de nouveaux amis et de t’ouvrir de nouveaux horizons? Why not?

Avec Workaway et d’autres plateformes du même genre, la méthode est toute simple! Je l’avais d’ailleurs expérimentée en Nouvelle-Zélande il y a quelques années. Allons-y d’abord par l’exemple.

Avant de partir

Dans les années 80, mon père a passé quelques années à Manizales en Colombie. Naomi et moi avions espoir de pouvoir trouver des gens dans son réseau de contacts qui pourraient nous accueillir et nous faire visiter. En échange d’un lit et d’un peu de bouffe, nous étions prêts à travailler quelques heures par jour. La recherche dans le réseau de contacts de mon père a cependant été infructueuse. Faute d’amis colombiens, nous nous sommes inscrits sur la plateforme Workaway. Une fois nos profils créés, nous avons commencé à contacter des hôtes pour trouver des endroits où travailler.

Lorsque j’ai rejoint Naomi à Pereira au début du mois de juillet, elle avait déjà travaillé trois semaines dans la famille de Juan en plus d’avoir passé presqu’une semaine seule (lire : malade) à Filandia.

Notre expérience à Anukara Eco Cultura

Workaway à Pereira

L’expérience de travail de Naomi dans la famille de Juan et Jacky a somme toute été positive, malgré les hauts et les bas des trois semaines qu’elle a vécus avec eux. Elle a amélioré son espagnol, elle a pu voyager pendant quelques jours dans un coin reculé de la Colombie et apprivoiser la culture colombienne. Le travail qu’elle a eu à faire ainsi que ses relations avec la famille ne furent cependant pas à la hauteur de ses attentes. Faire un second Workaway dès mon arrivée n’était donc pas le contexte souhaité pour nos retrouvailles Nous avons donc convenu de jouer quelque temps aux touristes avant de trouver un nouveau lieu où travailler. Suite à notre périple à Salento et dans la Valle de Cocora, nous nous sommes dirigés dans le petit bled de San José, en banlieue de Pereira. Nous avions rendez-vous avec la famille de Ivan et Angela.
Ivan est Colombien de Medellín alors qu’Angela est Canadienne de Toronto. Ils ont deux enfants, Manuel et Gio, respectivement 7 et 4 ans, deux chiens, deux chèvres, deux dindes, plusieurs poules et plusieurs lapins, un chat. Ils ont une histoire peu commune et un projet hors de l’ordinaire.

Workaway à Pereira

Ivan est ingénieur. Provenant d’une famille colombienne aisée, il a étudié en ingénierie mécanique et a réalisé une maîtrise spécialisée en matériaux. Par la suite, il a travaillé comme chargé de cours à l’une des universités de Medellín. Lors d’une formation aux É.-U., il décide d’aller visiter le Canada. Sa sœur le convainc de s’y établir. Il occupe pendant quelques années des jobs tout à fait merdiques vu son expérience pour finalement trouver un poste chez Aecon. Il y travaille plusieurs années. Son statut d’immigrant m’étant quand même flou, j’en comprends qu’il perd son emploi à un moment à cause d’une question d’immigration. Voguant d’une histoire rocambolesque à l’autre, il devient monteur de structures d’acier grâce à un contact. Sa débrouillardise et sa fougue (conjuguées à des liens difficilement explicables dans le monde syndical) lui permettent de devenir chef d’équipe (alors que ça prend plusieurs milliers d’heures de travail pour avoir ce statut, habituellement). C’est un fonceur. Rien ne l’arrête, encore moins les erreurs qu’il commet de temps en temps. Un vrai entrepreneur. Travailler comme monteur, c’est vraiment chiant qu’il me dit, mais c’est beaucoup plus payant que de travailler pour une boîte d’ingénieur. J’en prends note.

Workaway à Pereira

Il rencontre Angela durant ses années nord-américaines. En quelques semaines ils se fiancent, en quelques mois ils se marient et ils ont Manuel l’année suivante. Angela aussi est une personne aux multiples talents. Elle est passionnée et prof de yoga, elle guérit les gens, elle est très préoccupée par la nourriture ce qui la pousse vers la naturopathie, elle détient un baccalauréat en sciences sociales / psychologie et elle fait des massages thaïs. Disons que nous avons eu plusieurs discussions passionnantes sur des sujets qui nous étaient totalement inconnus auparavant.
Ivan et Angela rêvent de partir un centre d’écotourisme où elle pourrait donner des cours de yoga et faire des massages thaï, où ils pourraient s’alimenter par eux-mêmes d’une manière biologique, un centre qui serait à la fois un lieu d’éducation à la permaculture et à toute sorte de sujets, à la fois une maison pour leur famille, à la fois un environnement qui pourrait leur permettre d’expérimenter un mode de vie différent. Ils s’établissent d’abord en banlieue de Toronto. Tout est cher. La nourriture biologique est importée de l’Ouest canadien ou de la Californie. Ils ont peur de l’effet des radiations que continue d’émettre Fukushima sur leur bouffe naturelle. Il est tanné de devoir conduire une heure pour se rendre au travail. Travail payant, mais chiant. Ils se voient mal élever leurs enfants dans ce genre de contexte. Le Canada, c’est cher. Transformer leur rêve en startup, c’est complexe. Plusieurs livres en parlent. Le rêve est réalisable, mais risqué. Et même s’il se réalise, ils mangeront encore de la bouffe bio californienne irradiée par des problèmes provenant de l’autre côté du pacifique.

Workaway à Pereira

Malgré l’âge de leurs enfants à l’époque, ils décident de les amener en Colombie avec eux. Ils partent trois mois. Ils vont s’acheter une finca pour réaliser leur rêve. Ils trouvent quelques semaines plus tard. Ils achètent une terre de quelques hectares qui a une vue magnifique sur la vallée de la rivière Otun une forêt de bambou et une maison à moitié finie infestée de chauves-souris. Ils contractent une hypothèque ridicule pour des Canadiens, pas donnée pour des Colombiens. Ils vendent leur propriété ontarienne, font une grosse vente de garage et quittent le Canada avec une palette de linge, d’outils, d’instruments de cuisine et quelques œuvres d’art.
Depuis ce temps, ils créent tranquillement, mais sûrement l’Anukara Eco Cultrura. Après avoir chassé les chauves-souris et amélioré un peu la maison, ils se sont attaqués aux jardins, aux poules, à la toilette sèche, au système de compost, aux chèvres et aux lapins, pour ne nommer que ces projets-là.

Workaway à Pereira

De notre côté, nous n’avons pas laissé tout derrière : nous avons un billet de retour, chacun un appartement dans nos villes d’études respectives, un plan pour les prochaines années. Ce fut cependant intéressant de se prêter au jeu de la famille expatriée pour mieux connaître leur réalité. D’ailleurs, pendant cette semaine, nous nous sommes transformés en ouvriers spécialisés en construction de maison écologique. Pendant nos 6 jours de travail, nous avons fait les mélanges nécessaires à la construction de murs en cob. L’argile venait d’un trou creusé à la main, à 1 mètre de la structure (dur d’être plus local). Une fois mélangée à de l’eau, l’argile devient une barbotine dont il faut défaire les grumeaux à la main pendant des heures de temps (lire : technique ancestrale d’une extrême lenteur, toutefois relaxante pour les ouvriers). Le sable grossier était acheté à un fournisseur qui trouve la ressource dans la rivière à quelques kilomètres. Le foin venait quant à lui de la butte où les chèvres vont paître (lire : pente très abrupte où j’ai dû, à coup de machette, déloger le foin de ses racines coriaces pendant quelques heures sous le soleil).

L’ensemble des ingrédients étaient par la suite mélangés sur une toile (tarp)… manuellement. À grand coup de bottes en caoutchouc, nous devions mélanger le tout jusqu’à l’homogénéité. Disons que l’ingénieur-entrepreneur-gars-qui-pense-efficacité-et-retour-sur-investissement en moi se demandait pourquoi on n’avait pas accès à un mélangeur à béton. #restercalme #pastroppenser

Workaway à Pereira

Une fois les nombreux tests de fiabilité effectués (tests visuels, évidement), nous empilions des le mélange sur des briques pour débuter le mur. Les premiers 45 cm de hauteur tiennent par eux-mêmes. Pour continuer le mur, il faut changer les proportions du mélange pour que celui-ci soit plus léger. On doit également contraindre la matière avec du bambou et/ou de la cage à poules pour que le tout sèche et reste en place.
Vous trouverez le résultat dans l’album photo (loin d’être final, nous avons seulement fait la base des murs en six avants-midi). Cette expérience boueuse fut enrichissante et relaxante. Malgré que nous n’étions pas dans une famille 100% colombienne et que nous parlions anglais à longueur de journée, nous avons été en mesure d’apprécier un mode de vie différent dans un pays où la culture est loin de la nôtre.

Comment transformer sa vie en 5 étapes simples

Workaway à Pereira

Si vous souhaitez essayer un autre mode de vie, changer votre routine et/ou vos préoccupations, essayez sans plus tarder une plateforme d’échange comme celle de Workaway. D’ailleurs, si vous cherchez bien, vous serez peut-être en mesure de trouver une expérience tout près de chez vous! Comme quoi un billet d’avion n’est pas toujours nécessaire pour être dépaysé!

Les fameuses étapes :

  1. Décider de partir et trouver une destination
  2. S’inscrire sur une plateforme d’échange et se créer un profil
  3. Écrire à des hôtes et arranger un travail
  4. Laisser de côté son égo, dire oui à tout ce qui passe
  5. Profiter du changement de contexte pour remettre en question son propre quotidien

Si vous avez déjà réalisé une expérience similaire, décrivez-la dans la section commentaire!

Bonne recherche à ceux qui veulent commencer des démarches 😀

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Anukara Eco Cultura

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