Toute cette aventure débuta sur la côte des caraïbes colombiennes. La plage, l’océan, les palmiers, le soleil et la chaleur… c’est beau en photo, mais ça peut aussi devenir désagréable. Étant probablement plus nordiques et montagnards que l’on ne l’aurait cru, nous avons tenté d’échapper à la chaleur suffocante de la côte en montant en altitude jusqu’au petit village touristique de Minca.
Minca est un village où s’entassent les bacpackers dans des ecohostels. Dans la jungle, près d’une rivière, on y trouve des petites cabanes à louer, des dortoirs ouverts et même les plus grands hamacs du monde (qui d’ailleurs, ne valent pas vraiment le détour, selon nous).
C’est pendant notre séjour à la Casa Colibri que nous avons eu écho de Cerro Kennedy. Nous étions à la recherche d’une aventure, car les derniers jours avaient été relativement tranquilles. Les propriétaires de l’auberge (qui parlaient français, heureusement pour nous!) nous ont donc présenté un hike qu’ils apprécient faire de temps à autre.

Il est possible de marcher de Minca (alt. ± 600 m) jusqu’à une base militaire du nom de Cerro Kennedy (alt. ± 3000 m), dans les montagnes. La base militaire protège des antennes de communications. Et de là, parait-il que l’on peut apercevoir le Pico Critóbal Colón, un pic enneigé de près de 6 000 mètres d’altitude d’un côté, et Santa Marta, la ville portuaire, de l’autre.

Ce n’est pas un hike comme on l’entend par chez nous. C’est en fait une longue marche d’une douzaine d’heures le long d’une route complètement brisée qui mène à la base militaire. Naomi et moi avons fait quelques recherches sur internet pour trouver de l’information sur le sujet. Quasi introuvable. Quelques blogues de voyage en font mention, mais sans trop de détails. Le propriétaire de la Casa Colibri nous a alors proposé un plan intéressant. Selon lui, le meilleur moment pour apercevoir le pic et l’océan est avant 8:00. Il faut donc dormir à un camp à proximité et partir avant 5:30 du matin pour monter à la base. Il nous mentionne qu’il est également possible de contracter un transport en moto-taxi jusqu’au camp pour éviter d’avoir à grimper toute la montagne pendant une journée de temps.

Cerro Kennedy

La cheville de Naomi étant en piteux état, nous avons décidé d’engager deux chauffeurs de moto (45 000 COP/moto) pour nous amener à San Lorenzo. Après un malentendu quant à l’heure du départ, nous réussissons à quitter le village vers 13:30. Il ne faut pas partir tard pour San Lorenzo, car le camp est à environ trois heures de moto. Puisque les chauffeurs doivent redescendre au village avant la tombée de la nuit, ils souhaitent partir le plus tôt possible. Ils vous chargeront le double du prix si vous partez en fin d’après-midi (80 000 COP/moto).

La montée en moto est une expérience en soi. La route est parfois de la roche, parfois d’immenses mares de boue profondes, parfois un mélange de bitume et de sable. Le tout parsemé de gigantesques trous. Si vous pensez qu’il y’a des nids-de-poule à Montréal, détrompez-vous. Imaginez-vous assis sur une moto, sac de hiking au dos, vos bras entourant un Colombien dont vous avez fait la rencontre le matin même, pendant trois heures de temps, luttant pour ne pas tomber du véhicule qui glisse sur les roches humides. Vraiment, ce ne fut pas de tout repos. D’ailleurs, on ne croise presque personne sur ce chemin.

Cerro Kennedy

San Lorenzo

Arrivés au camp de San Lorenzo, Naomi et moi avons été impressionnés. Nous pensions arriver à une petite maison du genre guesthouse. San Lorenzo est en fait un grand camp où peuvent dormir plusieurs dizaines de personnes. Il y a plusieurs bâtiments, dans lesquelles il y a des douches, des cuisines de groupes, des foyers et des dortoirs. Nous avons payé 40 000 COP/personne pour y loger une nuit + 5 000 COP pour avoir accès au propane pour cuisiner. Le tout semble très bien entretenu. Nous étions d’ailleurs surpris que le lieu ne soit pas plus recensé sur internet et qu’il n’y ait que nous comme touristes ce soir-là. Même le propriétaire semblait étonné de nous voir arriver. À environ 2 300 mètres d’altitude, nous étions heureux d’avoir apporté nos sacs de couchage, car il faisait froid et humide dans le camp.

Cerro Kennedy

À 5:00 le lendemain matin, le cadran sonna. Le temps de manger une banane, solidifier la cheville à Naomi avec du ruban et de s’habiller, il était l’heure d’entamer notre ascension vers Cerro Kennedy. La marche d’environ deux heures est magnifique. Nous avons suivi le chemin emprunté par les militaires jusqu’à la base. Une fois le soleil levé, les points de vue sur les montagnes et l’océan s’enchainent les uns après les autres. Certaines sections du parc sont clôturées et il n’est pas possible d’y accéder sans un guide. Lors de notre ascension, nous avons croisé des Anglais avec un guide qui semblaient faire du birdwatching.

Une fois là-haut, il n’est pas possible de franchir la barrière qui donne sur la base pour se rendre plus loin. Malgré leur uniforme et leur arme, les militaires étaient sympathiques. Ils ont répondu à nos questions en nous mentionnant poliment que l’on ne pouvait aller plus loin. Nous avons donc passé un peu de temps là-haut pour ensuite redescendre tranquillement jusqu’à San Lorenzo, où nous avions laissé nos sacs.

Cerro Kennedy

Afin d’éviter un autre trois heures de moto, nous avions conclu avec nos chauffeurs un point de rencontre plus bas. Nous avons donc marché presque dix kilomètres pour nous rendre à ce que les locaux appellent La Y (le y, où la route se sépare en deux). Nous sommes arrivés quelques heures plus tard au petit restaurant de La Y, complètement trempés par une pluie tropicale qui ne finissait pas de tomber. Quelques minutes après notre arrivée, un bataillon au complet nous a rejoints au restaurant, les militaires complètement frigorifiés par leur montée de la montagne à bord d’un camion-benne. À l’heure convenue, nos chauffeurs sont venus nous chercher et nous avons redescendu avec eux jusqu’à Minca. Pensez à négocier le prix du retour la veille. Ils nous ont chargé une fois et demie le prix prescrit en nous disant qu’ils devaient venir nous chercher. Ce n’était pas trop cher payé, vu les conditions routières. 😉

Cerro Kennedy

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